Tiklat Tubusuptu, mémoire romaine enfouie dans la montagne de Kabylie Algérie

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Dans les reliefs escarpés de la Petite Kabylie, à proximité de Béjaïa, se cache l’un des joyaux oubliés du patrimoine antique algérien : Tiklat, connue dans l’Antiquité sous le nom de Tubusuptu. Cette cité romaine, aujourd’hui partiellement engloutie par la végétation, raconte une histoire où se croisent agriculture, ingénierie et culture.

Fondations et datation

Tubusuptu est mentionnée dès le Ier siècle apr. J.-C., sous le règne de l’empereur Vespasien (69–79), comme une colonie romaine.

Son apogée s’étend du IIe au IIIe siècle, période où l’Afrique du Nord devient l’un des greniers agricoles de l’Empire.

Aux IVe et Ve siècles, Tubusuptu est aussi un siège épiscopal chrétien, preuve de son rayonnement religieux et culturel.

À partir du VIe siècle, la cité décline avec les invasions vandales, puis byzantines, avant de disparaître progressivement après la conquête arabe au VIIe siècle.

Une cité oléicole prospère

Tubusuptu était avant tout une capitale de l’huile d’olive.

De vastes pressoirs monumentaux en pierre, encore visibles aujourd’hui, témoignent de cette richesse.

L’huile produite ici était réputée et exportée vers d’autres provinces de l’Empire, jusqu’à Rome.

Cette activité fit de Tiklat un centre économique majeur en Maurétanie Césarienne.

Thermes et vie urbaine

Comme toute cité prospère, Tubusuptu possédait des thermes publics.

Ces bains, dont subsistent des murs et des bassins, servaient autant à l’hygiène qu’à la vie sociale.

Leur existence prouve que Tubusuptu n’était pas qu’un site agricole, mais bien une ville romaine complète, dotée de commodités urbaines.

Aqueduc et maîtrise de l’eau

Un aqueduc romain alimentait la ville en eau.

Il captait les sources environnantes et les acheminait jusqu’aux thermes et aux citernes.

Ce réseau hydraulique illustre le génie technique romain, capable d’adapter l’ingénierie à un relief montagneux.

Héritage et oubli

Aujourd’hui, Tiklat repose dans un écrin naturel. Ses ruines, mêlées aux oliviers, rappellent une mémoire antique enfouie. Peu fouillé par les archéologues, le site conserve un potentiel immense pour mieux comprendre :

le rôle de la région dans l’économie romaine,

la diffusion du christianisme en Afrique du Nord,

et l’adaptation de la civilisation romaine aux reliefs montagneux.

Un trésor à préserver

Tubusuptu/Tiklat est à la fois un patrimoine historique, un sanctuaire naturel et un lieu de mémoire collective.
Entre pressoirs, thermes et aqueduc, elle incarne l’alliance de l’ingénierie romaine et de la richesse kabyle.
Sa valorisation future pourrait redonner vie à cette cité oubliée et replacer Tiklat au cœur de l’histoire antique de l’Algérie.

Photos Farid Ghili Septembre 2025
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